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Carnet de recherche Métiers du livre, critiques, études

Coups de cœur - littérature

Le 20/06/2026

Bienvenue dans la nouvelle section de ce blog : les coups de coeur réservés aux livres de littérature française et étrangère. 

Saga Les MacCoy

MacCoy – Tome 02Les MacCoy, les 7 livres de la série

Les MacCoy, les 7 livres de la sérieLes MacCoy - Tome 01 (Poche 2026), de Alexiane Thill | Hugo New RomanceLes MacCoy - Tome 06 (Poche 2026), de Alexiane Thill | Hugo New Romance

Et si les clans d'Écosse n'avaient jamais disparu ? Et s'ils continuaient à diriger les Highlands à l'insu du reste du monde ?
Quand Phèdre arrive à Édimbourg pour respecter les dernières volontés de son père, elle se retrouve malgré elle entraînée dans ce monde de clans et de querelles sanglantes qui lui est inconnu. Recueillie par le fougueux et irascible Caleb, chef du clan MacCoy, elle se révèle bientôt être une pièce maîtresse sur l'échiquier du pouvoir...

Il s'agissait du livre à lire pour le club romance & manga, intitulé "Les Clans". Alexiane Thill est l'autrice du Dernier Conte, que je n'avais pas apprécié, mais la lecture des MacCoy a été un réellement coup de coeur ! Bien plus plaisant à lire, plus détaillé, mieux écrit je trouve, j'ai dépassé après quelques chapitres les stéréotypes de la romance : le gars baraqué, un filet de machisme et de la testostérone à plein nez, car des éléments apportés tout au long de l'histoire s'inscrivent dans une volonté de défendre l'injustice. Phèdre déplore le système clanique, qui ne donne pas la voix à la femme, relayant celle-ci à une transaction. Phèdre n'aura de cesse de changer les esprits afin de les ancrer dans le XXie siècle, où le féminisme prend pleinement tout son sens. Les MacCoy est une saga certes écossaise, nous faisant voyager dans la culture tant que faire se peut,  mais il s'agit, et l'autrice nous l'annonce à chaque fin d'ouvrage, avant tout d'une saga dénonciatrice de certaines mesures mises en place dans des pays et cultures, qui emprisonnent la femme, l'obligent à se marier, l'enferment dans un carcan afin de la maîtriser et faire d'elle une pièce jugée utile seulement en temps de mariage et d'union politique, économique et autres sujets qui ne devrait plus être associé à une femme devenue objet de transaction. Chacun des tomes s'axe autour de cette injustice, de ce drame qui encore aujourd'hui fait parfois la une des journaux. 
Autre point intéressant : l'écriture de la saga, faite à la première personne, enchaîne les points de vue des personnages, accordant à chacun sa voix au chapitre. Les deux premiers laissent parler Phèdre et Caleb, nos deux principaux héros. Le troisième est celui d'Elisabeth et de Duncan. Viennent Dyclan et Annabelle, puis Megan et Lachlan, pour finir sur un gathering pour un final en paillettes.
J'étais si accro à ma lecture que je me suis interdite d'emporter le tome 02 lors de mon voyage au Canada, autrement je me serais assise dans un parc et POINT BARRE. Pas de visite, juste ma lecture en urgence. Ce besoin obsédant de connaître la suite, de tourner la page. Cela faisait des années, je pense même depuis la saga Scorpi de Roxane Dambre, que je n'étais plus aussi absorbée par une lecture.
Cette version présentée ici est une réécriture. Vous pouvez en effet trouver une ancienne édition, avec des personnages sur les couvertures. Hugo Poche s'est amusé à remaquetter la saga en ajoutant des chapitres inédits :)

Anna Karenine - Léon TOLSTOÏ

Anna Karénine, 3 parties : Tolstoï, Comte Léon: Amazon.fr: LivresAnna Karenine

Considérée comme un chef-d'oeuvre de la littérature, Anna Karenine, est publiée par le célèbre Léon Tolstoï dans le périodique Le Messager russe entre 1875 et 1877. La première édition russe paraît en 1878, après un désaccord avec le directeur du journal qui décide d'avorter le contrat avec Tolstoï. Par ailleurs, la fin d'Anna Karenine est synthétisée par la direction de la revue dans une note. Pour l'édition française, il faut attendre 1885 avec Hachette.

Il s'agit d'un pavé, une richissime histoire dévouée à la société russe de 1880, à ses moeurs, à ses armées, à sa politique, à ses hommes, ses femmes, ses enfants, sa paysannerie. L'histoire est double : d'un côté le sort d'Anna Karenine, femme dévouée au grand politicien Alexis Karenine, soit le sort de la haute société russe, et d'un autre côté le sort de la moyenne (dirais-je) société russe avec les couples Lenine-Kitty et Oblonski-Daria. A savoir qu'Oblonski est le frère d'Anna.

Un jour survient la rencontre décisive avec le comte Alexis Vronski, tandis qu'Anna se rend chez son frère, Stiva Oblonski, pour résoudre son adultère et rassurer sa femme Daria. En croisant Alexis Vronski, on assiste au tournant de l'histoire, au moment où Anna perd ses moyens et devient véritablement esclave de sentiments qui pour elle étaient alors méconnus, voire interdits. Alexis Vronski n'est pas Alexis Karenine ; le jeune amant, amoureux, plein de vie et de tendresse n'est pas le mari politicien qui se doit, par sa fonction, de donner la meilleure image de lui et de sa famille aux russes pour qui il oeuvre tous les jours. Parallèlement, Constantin Lenine, grand visionnaire russe et propriétaire d'une terre agricole, va timidement vers la belle Kitty Stcherbatska pour lui demander sa main : celle-ci refuse, prête à accueillir dans sa vie le beau et séduisant Alexis Vronski. Constantin Lenine est dévasté et décide de partir dans ses terres pour quitter la vie aristocrate russe qu'il méprise, s'adonner à son travail de propriétaire et de révolutionnaire, avant-gardiste. Bien entendu, Vronski se tourne vers Anna qui le fascine, l'envoûte  autant pour être femme aristocrate que femme d'un politicien, délaissant Kitty qui est alors humiliée devant toute la cour présente.

L'histoire entremêle plusieurs personnages, plusieurs familles, avec plusieurs enjeux. Pourtant, il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'une tragédie qui continue encore aujourd'hui à faire sens, à toucher les lecteurs. De même, le théâtre, le cinéma, la télévision etc, s'en sont emparés. Vous trouverez de nombreuses adaptations.

 

La quatrième de couverture est explicite : raconter l'histoire d'un homme défiant la mort par son immortalité. Personne ne semble être étranger au principe d'immortalité et du lot de tragédie qui l'enveloppe : voir les personnes que l'on aime mourir sans rien pouvoir y faire. Conserver des souvenirs douloureux. Vivre ou survivre avec eux. Aller de l'avant. Dans La traversée des temps, nous suivons Noam qui se réveille dans une grotte au Liban comme s'il venait de renaître -une fois encore. La structure de l'ouvrage est particulière, dans le sens où nous suivons deux Noam : celui du XXIe siècle et celui à l'époque du Néolithique. Noam du XXIe siècle, que nous suivons dès la première page, se heurte au besoin de partager sa vie par le biais de mémoires qu'il rédige petit à petit. Le livre est conçu selon un plan développant l'intrigue (les découvertes, le devoir de Noam au XXIe siècle pour ne pas en dévoiler davantage) de manière inédite. Ce que Noam vit à ce moment-là au XXIe siècle est l'intrigue autour de laquelle s'articule l'ouvrage en lui-même, sous forme de mémoires, pour nous donner les pistes nécessaires à la compréhension de ce qui s'annonce, des personnages récurrents et qui sont directement concernés par les événements. Ainsi voici la composition de l'ouvrage : nous débutons avec le prologue, la renaissance de Noam au Liban, qui doit se familiariser avec cette nouvelle époque. C'est ici qu'il démarre la rédaction de ses mémoires qui prendront une part conséquente du livre. Débute alors la première partie intitulée "Le lac" où Noam nous raconte en détails sa vie au Néolithique jusqu'à un événement qui achèvera ladite partie. La deuxième partie, "Le Déluge" débute par un prologue où nous retrouvons le Noam du XXIe siècle que nous avions quitté à la fin du prologue. Eric-Emmanuel Schmitt développe alors l'implication de Noam dans l'Arche, une résidence pour survivalistes. Les chapitres reprennent où nous avions laissé Noam du Néolithique pour dévoiler l'événement clef de ce premier livre : le Déluge. Enfin, l'épilogue vient après une fin de récit bouleversante et nous permet de découvrir un secret de haute envergure qui mettra le monde à mal si Noam ne parvient pas à empêcher les survivalistes d'agir.

Ce que j'ai apprécié dans le récit de Noam, dans ses mémoires, est l'apport d'informations complémentaires sous formes de notes de bas de page. Ici, Eric-Emmanuel Schmitt lie l'implication de Noam dans les grandes découvertes, la Philosophie, dans l'Histoire de l'Humanité avec deux grands H. Noam n'a pas fait que survivre et vivre à travers les temps, il est à l'origine de nombreux moments clefs en rencontrant, croisant, en se confiant, aux personnalités qu'il a croisé et que nos livres d'Histoire mentionnent (pour vous laisser le plaisir de la découverte, je ne citerais deguin). C'est là qu'entre en scène l'accumulation des connaissances.

La traversée des temps, au-delà d'être un récit fantastique, est également une histoire d'amour entre deux personnages, Noam et Noura, qui n'auront de cesse de se retrouver pour mieux se quitter, en raison des événements. Le seul bémol que je pourrais trouver à l'écriture est la multiplication de synonymes, de termes, pour désigner un état d'esprit, détailler un paysage, décrire des sensations, étayer des propos. Ce type d'écriture, forcément, a son utilité et fait état de la connaissance de Noam : au-delà d'être polyglotte, il a accumulé l'aisance rédactionnelle et rhétorique (par extension, il s'agit de celles de l'auteur, je vous l'accorde), le choix du verbe n'est jamais anodin et comme la langue française est riche de synonymes qui parfois n'en sont pas (chaque terme, chaque mot a sa propre définition et utilisation, parfois seulement dans un contexte précis), Noam nous régale, parfois trop, de ses accumulations.

Pour aller plus loin :

https://www.albin-michel.fr/la-traversee-des-temps-paradis-perdus-tome-1-9782226450227

La traversée des Temps - Eric-Emmanuel SCHMITT

Paradis perdus (La Traversée des temps, Tome 1)

Lorsque j'ai vu cet ouvrage en rayon, j'ai tout de suite été attirée par la couverture et le titre intriguant : Paradis perdus. Forcément, je m'avance, je saisis le livre et lis la quatrième de couverture :

Cette Traversée des temps affronte un prodigieux  défi : raconter l’histoire de l’humanité sous la forme d’un roman. Faire défiler les siècles, en embrasser les âges, en sentir les bouleversements, comme si Yuval Noah Harari avait croisé Alexandre Dumas. Depuis plus de trente ans, ce projet titanesque occupe Eric-Emmanuel Schmitt. Accumulant connaissances scientifiques, médicales, religieuses, philosophiques, créant des personnages forts, touchants, vivants, il lui donne aujourd’hui naissance et nous propulse d’un monde à l’autre, de la préhistoire à nos jours, d’évolutions en révolutions, tandis que le passé éclaire le présent.
Paradis perdus lance cette aventure unique. Noam en est le héros. Né il y a 8000 ans dans un village lacustre, au cœur d’une nature paradisiaque, il a affronté les drames de son clan le jour où il a rencontré Noura, une femme imprévisible et fascinante, qui le révèle à lui-même. Il s’est mesuré à une calamité célèbre : le Déluge. Non seulement le Déluge fit entrer Noam-Noé dans l’Histoire mais il détermina son destin. Serait-il le seul à parcourir les époques ?

Immédiatement séduite, j'ai su que cet ouvrage était pour moi. L'écriture d'Eric-Emmanuel Schmitt a toujours été une lecture fluide, riche et dense, qui ne m'a jamais donné envie de cesser de lire. Dans Paradis perdus, j'ai retrouvé l'enthousiasme de tourner les pages, de ne jamais vouloir que le livre se finisse, en dépit de l'amas de papier qui s'accumulait dans ma main gauche. Notez que d'emblée l'éditeur nous annonce la couleur : l'oeuvre fera huit livres, à raison, forcément, d'un par année (avec une parution, j'imagine, prévue pour chaque novembre, un beau cadeau de Noël !). Chaque livre entre dans une ère, dans une étape de la vie de Noam, et, je suppose aussi, dans une autre quête de Noura. Voici le détail fourni par l'éditeur : 1. Paradis perdus (fin du néolithique et déluge) ; 2. La Porte du ciel (Babel et la civilisation mésopotamienne) ; 3. Le Soleil sombre (l'Egypte des Pharaons et Moïse) ; 4. La Lumière du bonheur (la Grèce au IVe siècle av. J.-C. {ou avant l'ère contemporaine pour les adeptes d'Assassin's Creed}) ; 5. Les Deux Royaumes (Rome et la naissance du christianisme) ; 6. La Mystification (l'Europe médiéval et Jeann d'Arc) ; 7. Le Temps des conquêtes (la Renaissance et la découverte des Amériques {époque de ma spécialisation, autant dire que je suis excitée rien qu'à l'idée de croiser les hommes et femmes qui ont fait mes années Master}) ; 8. Révolutions (Révolutions politiques, industrielles, techniques). Bien entendu, il est possible, une fois le livre 2 achevé, de subodorer la manière dont Noam et Noura traverseront les âges. Le livre 1 est un hors d'oeuvre, une mise en bouche qui nous prépare à la grande aventure. Nous faisons la connaissance des personnages principaux et secondaires, ceux que l'on suivra grâce au récit de Noam et ceux que l'on quittera, le coeur serré.

La quatrième de couverture est explicite : raconter l'histoire d'un homme défiant la mort par son immortalité. Personne ne semble être étranger au principe d'immortalité et du lot de tragédie qui l'enveloppe : voir les personnes que l'on aime mourir sans rien pouvoir y faire. Conserver des souvenirs douloureux. Vivre ou survivre avec eux. Aller de l'avant. Dans La traversée des temps, nous suivons Noam qui se réveille dans une grotte au Liban comme s'il venait de renaître -une fois encore. La structure de l'ouvrage est particulière, dans le sens où nous suivons deux Noam : celui du XXIe siècle et celui à l'époque du Néolithique. Noam du XXIe siècle, que nous suivons dès la première page, se heurte au besoin de partager sa vie par le biais de mémoires qu'il rédige petit à petit. Le livre est conçu selon un plan développant l'intrigue (les découvertes, le devoir de Noam au XXIe siècle pour ne pas en dévoiler davantage) de manière inédite. Ce que Noam vit à ce moment-là au XXIe siècle est l'intrigue autour de laquelle s'articule l'ouvrage en lui-même, sous forme de mémoires, pour nous donner les pistes nécessaires à la compréhension de ce qui s'annonce, des personnages récurrents et qui sont directement concernés par les événements. Ainsi voici la composition de l'ouvrage : nous débutons avec le prologue, la renaissance de Noam au Liban, qui doit se familiariser avec cette nouvelle époque. C'est ici qu'il démarre la rédaction de ses mémoires qui prendront une part conséquente du livre. Débute alors la première partie intitulée "Le lac" où Noam nous raconte en détails sa vie au Néolithique jusqu'à un événement qui achèvera ladite partie. La deuxième partie, "Le Déluge" débute par un prologue où nous retrouvons le Noam du XXIe siècle que nous avions quitté à la fin du prologue. Eric-Emmanuel Schmitt développe alors l'implication de Noam dans l'Arche, une résidence pour survivalistes. Les chapitres reprennent où nous avions laissé Noam du Néolithique pour dévoiler l'événement clef de ce premier livre : le Déluge. Enfin, l'épilogue vient après une fin de récit bouleversante et nous permet de découvrir un secret de haute envergure qui mettra le monde à mal si Noam ne parvient pas à empêcher les survivalistes d'agir.

Ce que j'ai apprécié dans le récit de Noam, dans ses mémoires, est l'apport d'informations complémentaires sous formes de notes de bas de page. Ici, Eric-Emmanuel Schmitt lie l'implication de Noam dans les grandes découvertes, la Philosophie, dans l'Histoire de l'Humanité avec deux grands H. Noam n'a pas fait que survivre et vivre à travers les temps, il est à l'origine de nombreux moments clefs en rencontrant, croisant, en se confiant, aux personnalités qu'il a croisé et que nos livres d'Histoire mentionnent (pour vous laisser le plaisir de la découverte, je ne citerais deguin). C'est là qu'entre en scène l'accumulation des connaissances.

La traversée des temps, au-delà d'être un récit fantastique, est également une histoire d'amour entre deux personnages, Noam et Noura, qui n'auront de cesse de se retrouver pour mieux se quitter, en raison des événements. Le seul bémol que je pourrais trouver à l'écriture est la multiplication de synonymes, de termes, pour désigner un état d'esprit, détailler un paysage, décrire des sensations, étayer des propos. Ce type d'écriture, forcément, a son utilité et fait état de la connaissance de Noam : au-delà d'être polyglotte, il a accumulé l'aisance rédactionnelle et rhétorique (par extension, il s'agit de celles de l'auteur, je vous l'accorde), le choix du verbe n'est jamais anodin et comme la langue française est riche de synonymes qui parfois n'en sont pas (chaque terme, chaque mot a sa propre définition et utilisation, parfois seulement dans un contexte précis), Noam nous régale, parfois trop, de ses accumulations.

Pour aller plus loin :

https://www.albin-michel.fr/la-traversee-des-temps-paradis-perdus-tome-1-9782226450227

Kaleb - Myra ELJUNDIR

Kaleb, Tome 1 : Kaleb - Livre de Ingrid Desjours

Cycle de l'auteure Myra Eljundir (qui est en réalité Ingrid Desjours, auteure de romans policiers avec Echo, Les fauves, La prunelle de ses yeux, Tout pour plaire ou encore Potens), Kaleb est un roman pour la jeunesse  publié entre 2012 et 2013 aux éditions Robert Laffond, dans la collection "R", accessible dès 13 ans. Pourquoi ?

Kaleb n'est pas un livre à destination de la jeunesse comme les autres, il rompt les codes qui veulent qu'une vision manichéenne soit visible d'emblée, c'est-à-dire que le personnage principal et ses acolytes soient représentatifs, ou partisans, du Bien. Leurs ennemis sont, par évidence (et par essence), le Mal. Kaleb est le titre du cycle (qui fonctionne selon 3 saisons) mais également celui du personnage principal : Kaleb Helgusson. C'est un jeune homme de 19 ans (nous sortons des images du personnage de 14 ans déjà mature) qui découvre un jour des pouvoirs, mais pas n'importe lesquels : des pouvoirs qui donnent la mort. Il pénètre dans l'esprit des gens (c'est un puissant télépathe, en somme) et peut, tel un circuit électrique, tout faire disjoncter. C'est hélas ce qui arrive à une jeune femme.

Cette faculté fait de lui un être, nous le voyons, très puissant, qui peut à tout moment, en manipulant vos émotions, votre cerveau, faire de vous un légume. Par ailleurs, il n'en a pas le contrôle. Pourtant, les personnages "gentils" seraient terrifiés par ce pouvoir, ils tenteraient de trouver un remède, or, ce n'est pas le cas de Kaleb : il y prend goût. Il se laisse choir dans ces pouvoirs incontrôlables qui font de lui un être mystérieux, un être que tout le monde veut posséder.

Le sort de Kaleb est lié à celui du volcan Eyjafjöll. Se sachant d'une lignée d'enfant islandais (par sa mère) ayant été touchés par les cendres du volcan, il se retrouve à vouloir en savoir davantage : un forum l'aidera. Il y trouvera des réponses, car ce forum est réservé aux Enfants Du Volcan (EDV). Toutefois, c'est aussi par ce forum qu'il sera découvert, et qu'une armée ayant pour mission de le trouver et de le traquer, arrivera chez lui, tuant la seule famille qui lui reste : son père. Kaleb n'a plus de mère : celle-ci est morte à sa naissance, tuée par les pouvoirs de son fils. Eh oui, il n'a pas de chance.

Obnubilé par ce pouvoir, Kaleb devient un dangereux prédateur, convoité par cette armée. Mais quel lien a-t-il avec cette armée ? Qui sont ces gens qui le traquent ? Que veulent-ils faire de ses pouvoirs ? Par ailleurs, Kaleb, séducteur hors pair et manipulateur psychopathe, fait la rencontre d'une charmante rousse : Abigail, qui s'avère être une succube. Celle-ci s'allie avec lui, mais dans quel but ?

A savoir que le livre est déconseillé aux moins de 13 ans, seulement l'éditeur lui, le déconseille aux âmes sensibles et aux moins de 15 ans. Pour ma part, je suis d'avis de l'éditeur. Des scènes issues de l'esprit machiavélique d'Ingrid Desjours (que j'adore, pour en plus avoir dirigé une interview lors de ma L3 en Métiers du livre) que l'on retrouve (à plus forte dose) dans ses romans policiers, scandent le cycle. Par ailleurs, la relation, malsaine, entre Kaleb et Abigail n'est pas accessible et lisible pour des lecteurs de moins de 15 ans. A vos risques et périls.

C'est un roman pour la jeunesse que j'ai vraiment apprécié (non pas parce que j'apprécie déjà l'auteure) car il sort des sentiers battus. C'est  une lecture qui sort de l'ordinaire, elle est là pour montrer qu'il n'y a pas que les gentils qui font les histoires : les histoires n'existent que parce qu'il y a des mauvaises gens pour leur donner un sens. Kaleb est énigmatique, il est l'esprit du Mal, il EST le Mal incarné, et nous le savons, nous suivons ses pas, nous avons accès à ses pensées. Nous sommes comme lui, coupable, heureux, soulagé, insensible et puissant. Nous sommes Kaleb et nous aimons ça, tout comme lui. Le fait de suivre un personnage malveillant change complètement la donne : nous sommes pour une fois dans la tête du méchant, de celui qui doit se faire arrêter, qui doit mourir. Nous apprenons à l'apprécier pour ce qu'il est, pour ce qu'il fait, et nous refusons qu'il soit capturé. Nous aimons sa manière de vivre, sa manière d'aimer Abigail, sa manière d'être proche des autres Enfants du Volcan (en 3 saisons, il s'en passe des choses). En étant du côté du mal, de ceux qui en théorie ne doivent pas gagner, parvenir à leurs fins, nous apprenons à voir l'histoire différemment, selon un autre point de vue déstabilisant, auquel nous sommes peu habitués. De plus, les couvertures vont dans ce sens : à y regarder de plus près, il s'agit de peau humain, qui au fur et à mesure des saisons perd de sa couleur pour devenir terne, froide : c'est une mutation de la peau d'un Enfant du Volcan quand celui-ci opte pour le mal.

Si vous voulez changer d'air, lisez Kaleb, et devenez Kaleb.

 

Pour aller plus loin : 

http://www.laffont.fr/site/kaleb_saison_i_&100&9782221126820.html

http://salon-litteraire.linternaute.com/fr/myra-eljundir/wall

http://www.lesdeblogueurs.tv/culture/livre-la-chronique-de-gerard-collard-kaleb/

http://galadelivres.blogspot.fr/2012/06/kaleb-saison-1-myra-eljundir.html

 

Pour faire la différence entre le cycle et la série, voici de quoi éclairer votre lanterne :

http://www.fabula.org/acta/document950.php

livre idée lecture romance manga