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Carnet de recherche Métiers du livre, critiques, études

Coups de cœur - littérature

Le 20/06/2026

Bienvenue dans la nouvelle section de ce blog : les coups de coeur réservés aux livres de littérature française et étrangère. 

Anna Karenine - Léon TOLSTOÏ

Anna Karénine, 3 parties : Tolstoï, Comte Léon: Amazon.fr: Livres

Considérée comme un chef-d'oeuvre de la littérature, Anna Karenine, est publiée par le célèbre Léon Tolstoï dans le périodique Le Messager russe entre 1875 et 1877. La première édition russe paraît en 1878, après un désaccord avec le directeur du journal qui décide d'avorter le contrat avec Tolstoï. Par ailleurs, la fin d'Anna Karenine est synthétisée par la direction de la revue dans une note. Pour l'édition française, il faut attendre 1885 avec Hachette.

Il s'agit d'un pavé, une richissime histoire dévouée à la société russe de 1880, à ses moeurs, à ses armées, à sa politique, à ses hommes, ses femmes, ses enfants, sa paysannerie. L'histoire est double : d'un côté le sort d'Anna Karenine, femme dévouée au grand politicien Alexis Karenine, soit le sort de la haute société russe, et d'un autre côté le sort de la moyenne (dirais-je) société russe avec les couples Lenine-Kitty et Oblonski-Daria. A savoir qu'Oblonski est le frère d'Anna.

Un jour survient la rencontre décisive avec le comte Alexis Vronski, tandis qu'Anna se rend chez son frère, Stiva Oblonski, pour résoudre son adultère et rassurer sa femme Daria. En croisant Alexis Vronski, on assiste au tournant de l'histoire, au moment où Anna perd ses moyens et devient véritablement esclave de sentiments qui pour elle étaient alors méconnus, voire interdits. Alexis Vronski n'est pas Alexis Karenine ; le jeune amant, amoureux, plein de vie et de tendresse n'est pas le mari politicien qui se doit, par sa fonction, de donner la meilleure image de lui et de sa famille aux russes pour qui il oeuvre tous les jours. Parallèlement, Constantin Lenine, grand visionnaire russe et propriétaire d'une terre agricole, va timidement vers la belle Kitty Stcherbatska pour lui demander sa main : celle-ci refuse, prête à accueillir dans sa vie le beau et séduisant Alexis Vronski. Constantin Lenine est dévasté et décide de partir dans ses terres pour quitter la vie aristocrate russe qu'il méprise, s'adonner à son travail de propriétaire et de révolutionnaire, avant-gardiste. Bien entendu, Vronski se tourne vers Anna qui le fascine, l'envoûte  autant pour être femme aristocrate que femme d'un politicien, délaissant Kitty qui est alors humiliée devant toute la cour présente.

L'histoire entremêle plusieurs personnages, plusieurs familles, avec plusieurs enjeux. Pourtant, il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'une tragédie qui continue encore aujourd'hui à faire sens, à toucher les lecteurs. De même, le théâtre, le cinéma, la télévision etc, s'en sont emparés. Vous trouverez de nombreuses adaptations.

 

La quatrième de couverture est explicite : raconter l'histoire d'un homme défiant la mort par son immortalité. Personne ne semble être étranger au principe d'immortalité et du lot de tragédie qui l'enveloppe : voir les personnes que l'on aime mourir sans rien pouvoir y faire. Conserver des souvenirs douloureux. Vivre ou survivre avec eux. Aller de l'avant. Dans La traversée des temps, nous suivons Noam qui se réveille dans une grotte au Liban comme s'il venait de renaître -une fois encore. La structure de l'ouvrage est particulière, dans le sens où nous suivons deux Noam : celui du XXIe siècle et celui à l'époque du Néolithique. Noam du XXIe siècle, que nous suivons dès la première page, se heurte au besoin de partager sa vie par le biais de mémoires qu'il rédige petit à petit. Le livre est conçu selon un plan développant l'intrigue (les découvertes, le devoir de Noam au XXIe siècle pour ne pas en dévoiler davantage) de manière inédite. Ce que Noam vit à ce moment-là au XXIe siècle est l'intrigue autour de laquelle s'articule l'ouvrage en lui-même, sous forme de mémoires, pour nous donner les pistes nécessaires à la compréhension de ce qui s'annonce, des personnages récurrents et qui sont directement concernés par les événements. Ainsi voici la composition de l'ouvrage : nous débutons avec le prologue, la renaissance de Noam au Liban, qui doit se familiariser avec cette nouvelle époque. C'est ici qu'il démarre la rédaction de ses mémoires qui prendront une part conséquente du livre. Débute alors la première partie intitulée "Le lac" où Noam nous raconte en détails sa vie au Néolithique jusqu'à un événement qui achèvera ladite partie. La deuxième partie, "Le Déluge" débute par un prologue où nous retrouvons le Noam du XXIe siècle que nous avions quitté à la fin du prologue. Eric-Emmanuel Schmitt développe alors l'implication de Noam dans l'Arche, une résidence pour survivalistes. Les chapitres reprennent où nous avions laissé Noam du Néolithique pour dévoiler l'événement clef de ce premier livre : le Déluge. Enfin, l'épilogue vient après une fin de récit bouleversante et nous permet de découvrir un secret de haute envergure qui mettra le monde à mal si Noam ne parvient pas à empêcher les survivalistes d'agir.

Ce que j'ai apprécié dans le récit de Noam, dans ses mémoires, est l'apport d'informations complémentaires sous formes de notes de bas de page. Ici, Eric-Emmanuel Schmitt lie l'implication de Noam dans les grandes découvertes, la Philosophie, dans l'Histoire de l'Humanité avec deux grands H. Noam n'a pas fait que survivre et vivre à travers les temps, il est à l'origine de nombreux moments clefs en rencontrant, croisant, en se confiant, aux personnalités qu'il a croisé et que nos livres d'Histoire mentionnent (pour vous laisser le plaisir de la découverte, je ne citerais deguin). C'est là qu'entre en scène l'accumulation des connaissances.

La traversée des temps, au-delà d'être un récit fantastique, est également une histoire d'amour entre deux personnages, Noam et Noura, qui n'auront de cesse de se retrouver pour mieux se quitter, en raison des événements. Le seul bémol que je pourrais trouver à l'écriture est la multiplication de synonymes, de termes, pour désigner un état d'esprit, détailler un paysage, décrire des sensations, étayer des propos. Ce type d'écriture, forcément, a son utilité et fait état de la connaissance de Noam : au-delà d'être polyglotte, il a accumulé l'aisance rédactionnelle et rhétorique (par extension, il s'agit de celles de l'auteur, je vous l'accorde), le choix du verbe n'est jamais anodin et comme la langue française est riche de synonymes qui parfois n'en sont pas (chaque terme, chaque mot a sa propre définition et utilisation, parfois seulement dans un contexte précis), Noam nous régale, parfois trop, de ses accumulations.

Pour aller plus loin :

https://www.albin-michel.fr/la-traversee-des-temps-paradis-perdus-tome-1-9782226450227

La traversée des Temps - Eric-Emmanuel SCHMITT

Paradis perdus (La Traversée des temps, Tome 1)

Lorsque j'ai vu cet ouvrage en rayon, j'ai tout de suite été attirée par la couverture et le titre intriguant : Paradis perdus. Forcément, je m'avance, je saisis le livre et lis la quatrième de couverture :

Cette Traversée des temps affronte un prodigieux  défi : raconter l’histoire de l’humanité sous la forme d’un roman. Faire défiler les siècles, en embrasser les âges, en sentir les bouleversements, comme si Yuval Noah Harari avait croisé Alexandre Dumas. Depuis plus de trente ans, ce projet titanesque occupe Eric-Emmanuel Schmitt. Accumulant connaissances scientifiques, médicales, religieuses, philosophiques, créant des personnages forts, touchants, vivants, il lui donne aujourd’hui naissance et nous propulse d’un monde à l’autre, de la préhistoire à nos jours, d’évolutions en révolutions, tandis que le passé éclaire le présent.
Paradis perdus lance cette aventure unique. Noam en est le héros. Né il y a 8000 ans dans un village lacustre, au cœur d’une nature paradisiaque, il a affronté les drames de son clan le jour où il a rencontré Noura, une femme imprévisible et fascinante, qui le révèle à lui-même. Il s’est mesuré à une calamité célèbre : le Déluge. Non seulement le Déluge fit entrer Noam-Noé dans l’Histoire mais il détermina son destin. Serait-il le seul à parcourir les époques ?

Immédiatement séduite, j'ai su que cet ouvrage était pour moi. L'écriture d'Eric-Emmanuel Schmitt a toujours été une lecture fluide, riche et dense, qui ne m'a jamais donné envie de cesser de lire. Dans Paradis perdus, j'ai retrouvé l'enthousiasme de tourner les pages, de ne jamais vouloir que le livre se finisse, en dépit de l'amas de papier qui s'accumulait dans ma main gauche. Notez que d'emblée l'éditeur nous annonce la couleur : l'oeuvre fera huit livres, à raison, forcément, d'un par année (avec une parution, j'imagine, prévue pour chaque novembre, un beau cadeau de Noël !). Chaque livre entre dans une ère, dans une étape de la vie de Noam, et, je suppose aussi, dans une autre quête de Noura. Voici le détail fourni par l'éditeur : 1. Paradis perdus (fin du néolithique et déluge) ; 2. La Porte du ciel (Babel et la civilisation mésopotamienne) ; 3. Le Soleil sombre (l'Egypte des Pharaons et Moïse) ; 4. La Lumière du bonheur (la Grèce au IVe siècle av. J.-C. {ou avant l'ère contemporaine pour les adeptes d'Assassin's Creed}) ; 5. Les Deux Royaumes (Rome et la naissance du christianisme) ; 6. La Mystification (l'Europe médiéval et Jeann d'Arc) ; 7. Le Temps des conquêtes (la Renaissance et la découverte des Amériques {époque de ma spécialisation, autant dire que je suis excitée rien qu'à l'idée de croiser les hommes et femmes qui ont fait mes années Master}) ; 8. Révolutions (Révolutions politiques, industrielles, techniques). Bien entendu, il est possible, une fois le livre 2 achevé, de subodorer la manière dont Noam et Noura traverseront les âges. Le livre 1 est un hors d'oeuvre, une mise en bouche qui nous prépare à la grande aventure. Nous faisons la connaissance des personnages principaux et secondaires, ceux que l'on suivra grâce au récit de Noam et ceux que l'on quittera, le coeur serré.

La quatrième de couverture est explicite : raconter l'histoire d'un homme défiant la mort par son immortalité. Personne ne semble être étranger au principe d'immortalité et du lot de tragédie qui l'enveloppe : voir les personnes que l'on aime mourir sans rien pouvoir y faire. Conserver des souvenirs douloureux. Vivre ou survivre avec eux. Aller de l'avant. Dans La traversée des temps, nous suivons Noam qui se réveille dans une grotte au Liban comme s'il venait de renaître -une fois encore. La structure de l'ouvrage est particulière, dans le sens où nous suivons deux Noam : celui du XXIe siècle et celui à l'époque du Néolithique. Noam du XXIe siècle, que nous suivons dès la première page, se heurte au besoin de partager sa vie par le biais de mémoires qu'il rédige petit à petit. Le livre est conçu selon un plan développant l'intrigue (les découvertes, le devoir de Noam au XXIe siècle pour ne pas en dévoiler davantage) de manière inédite. Ce que Noam vit à ce moment-là au XXIe siècle est l'intrigue autour de laquelle s'articule l'ouvrage en lui-même, sous forme de mémoires, pour nous donner les pistes nécessaires à la compréhension de ce qui s'annonce, des personnages récurrents et qui sont directement concernés par les événements. Ainsi voici la composition de l'ouvrage : nous débutons avec le prologue, la renaissance de Noam au Liban, qui doit se familiariser avec cette nouvelle époque. C'est ici qu'il démarre la rédaction de ses mémoires qui prendront une part conséquente du livre. Débute alors la première partie intitulée "Le lac" où Noam nous raconte en détails sa vie au Néolithique jusqu'à un événement qui achèvera ladite partie. La deuxième partie, "Le Déluge" débute par un prologue où nous retrouvons le Noam du XXIe siècle que nous avions quitté à la fin du prologue. Eric-Emmanuel Schmitt développe alors l'implication de Noam dans l'Arche, une résidence pour survivalistes. Les chapitres reprennent où nous avions laissé Noam du Néolithique pour dévoiler l'événement clef de ce premier livre : le Déluge. Enfin, l'épilogue vient après une fin de récit bouleversante et nous permet de découvrir un secret de haute envergure qui mettra le monde à mal si Noam ne parvient pas à empêcher les survivalistes d'agir.

Ce que j'ai apprécié dans le récit de Noam, dans ses mémoires, est l'apport d'informations complémentaires sous formes de notes de bas de page. Ici, Eric-Emmanuel Schmitt lie l'implication de Noam dans les grandes découvertes, la Philosophie, dans l'Histoire de l'Humanité avec deux grands H. Noam n'a pas fait que survivre et vivre à travers les temps, il est à l'origine de nombreux moments clefs en rencontrant, croisant, en se confiant, aux personnalités qu'il a croisé et que nos livres d'Histoire mentionnent (pour vous laisser le plaisir de la découverte, je ne citerais deguin). C'est là qu'entre en scène l'accumulation des connaissances.

La traversée des temps, au-delà d'être un récit fantastique, est également une histoire d'amour entre deux personnages, Noam et Noura, qui n'auront de cesse de se retrouver pour mieux se quitter, en raison des événements. Le seul bémol que je pourrais trouver à l'écriture est la multiplication de synonymes, de termes, pour désigner un état d'esprit, détailler un paysage, décrire des sensations, étayer des propos. Ce type d'écriture, forcément, a son utilité et fait état de la connaissance de Noam : au-delà d'être polyglotte, il a accumulé l'aisance rédactionnelle et rhétorique (par extension, il s'agit de celles de l'auteur, je vous l'accorde), le choix du verbe n'est jamais anodin et comme la langue française est riche de synonymes qui parfois n'en sont pas (chaque terme, chaque mot a sa propre définition et utilisation, parfois seulement dans un contexte précis), Noam nous régale, parfois trop, de ses accumulations.

Pour aller plus loin :

https://www.albin-michel.fr/la-traversee-des-temps-paradis-perdus-tome-1-9782226450227

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